Le réseau hydrographique: une porte d’entrée vers le succès?
Lorsqu’on explore le terrain à l’île d’Anticosti, on rencontre une panoplie de zones forestières plus ou moins accueillantes selon la densité de ces dernières. Comme chasseur, on espère toujours trouver le petit coin secret qui nous semble être «l’Eldorado» et y trouver le mâle trophée de nos rêves! Quelles seront alors vos options afin d’accéder à certains secteurs éloignés de votre territoire?
Le moyen le plus évident sera alors d’utiliser le réseau actuel de sentiers entretenus pour les chasseurs mais on se bute alors à l’accessibilité que ces derniers offrent. Pour certains secteurs, on devra parfois trouver une seconde porte d’accès à ces zones moins exploitées. Une des solutions qui s’offre aux chasseurs aventureux sera alors d’exploiter le réseau hydrographique du secteur. Ce réseau «routier» comporte plusieurs avantages mais comportent également certaines particularités à prendre en compte pour que l’aventure demeure intéressante afin d’obtenir des résultats tangibles.
A priori, on pourra trouver l’information générale avec une carte Avenza Sépaq ou une carte d’un secteur précis avec les cartes X-pert mais plusieurs autres options qui «passent sous le radar» s’offrent à vous lorsqu’on explore plus en détail le site de Forêt ouverte. Une séance de prise de note sur votre carte Avenza s’impose afin d’être fin prêt lors votre séjour.
Quels seront les avantages d’utiliser le réseau hydrographique afin de parcourir votre territoire? Le plus intéressant selon moi est la particularité que cet accès à l’eau comble toujours un besoin primordial pour les chevreuils. Dans le contexte d’un territoire dans le secteur Est, cela est moins problématique car l’accès à un point d’eau n’est relativement pas une difficulté. Toutefois, si on prospecte pour les secteurs centraux et Ouest de l’île, les points d’eau sont en moins grand nombre et leur importance est mise de l’avant. Lorsqu’on subit une période de sècheresse, l’accès à une source d’eau revêt alors toute son importance.
Dans plusieurs situations, la présence d’un cours d’eau amène des secteurs avec de petites ouvertures et une meilleure visibilité sur certains tronçons. Cette particularité dévoile également l’intérêt et l’avantage à les exploiter dans les secteurs très boisés avec peu d’ouverture.
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En plus de l’eau qu’ils peuvent offrir au chevreuil, les petits cours d’eau sont aussi des endroits qui offrent une belle visibilité dans des secteurs très boisés (A). De plus les corridors créés par les cours d’eau amènent des petites ouvertures avec souvent des plantes intéressantes pour l’alimentation des chevreuils (B). Ils sont également utilisés par les mâles pour accéder à des zones occupées par des femelles.
Dans les circonstances de cours d’eau intermédiaires ou majeurs avec une forte topographie, on y retrouvera des zones d’entonnoirs forts intéressants qui agiront comme catalyseurs aux déplacements de part et d’autre de ce cours d’eau. Dans certains secteurs au sud de l’île comme Brick, Galiote, Chicotte et Martin-la-mer, certaines zones d’affuts avec un fort potentiel de récolte consistent en ces entonnoirs particuliers de ces territoires très boisés.
Une fois ces avantages bien établis, est-ce possible de suivre n’importe quel cours d’eau et partir à l’aventure afin d’aller récolter votre gibier? Vous risquez de confronter quelques aspects de la réalité qui vous décourageront dans votre aventure! Regardons en détail l’information cachée qui devra être analysée afin de trouver les véritables routes vers le succès.
En règle générale, un trait plein sur la carte consiste en un cours d’eau permanent et un en pointillé, est considéré comme un cours d’eau intermittent. En effectuant une recherche avec la carte prédéfinie chasse et piégeage, vous avez accès à l’onglet «hydrographie surfacique forestière». Avec cette option, vous pourrez voir tout le réseau des lacs et cours d’eau du milieu environnant. Un avantage indéniable avec cette fonction du site Forêt Ouverte, est qu’il est facile de comprendre le sens d’écoulement du réseau. Plus vous serez en aval (vers la mer ou la rivière principale) plus le cours d’eau sera d’importance et habituellement, plus facile à être marché.
Lorsqu’on remonte le réseau, on y rencontrera des cours d’eau intermittents qui n’offrent habituellement qu’un accès restreint à un secteur boisé. Étant donné que ces cours d’eau entrent dans un secteur potentiellement intéressant pour y chasser, souvent ceux-ci offriront l’occasion de traverser plus facilement la bordure arbustive dense que certaines ouvertures présentent dans leurs pourtours. On doit toutefois garder en tête, que ces ruisseaux intermittents ne communiquent que très rarement entre deux secteurs ouverts. Ces derniers viendront «à mourir» dans la zone boisée.
Lorsqu’on remonte le réseau hydrographique avec les cours d’eau intermédiaires, on doit tenir compte que ces habitats sont régulièrement habités par les nouvelles colonies de castors de la région. Lorsqu’un jeune castor se fait chasser par ses parents à sa deuxième année, ce dernier explorera les possibilités de se trouver une zone pour bâtir une colonie en remontant les cours d’eau environnants. Sans toutefois garantir que vous ne serez pas contraint à entrer dans le bois à quelques occasions pour contourner des barrages récents, on peut quand même aller valider sur l’imagerie aérienne du site internet gouvernemental Forêt Ouverte afin de déceler les zones inondées. L’avantage de bien les identifier permet d’exploiter ces barrages comme lieu de passage afin de traverser le cours d’eau au besoin.
Une particularité des cours d’eau à Anticosti, lorsque ces derniers ont une plage de roches dénudés, est d’offrir très souvent une possibilité de pouvoir traverser avec un niveau d’eau inférieur à bien d’autre endroit et d’offrir ainsi un accès très facile. À l’opposé, une bordure franche et définie avec une végétation herbacée limitrophe, compose habituellement une paroi en hauteur et la largeur de ce cours d’eau pourra déterminer s’il est franchissable de part et d’autre en l’enjambant ou en prenant un élan.
Un avertissement doit être émis lorsqu’on longe un cours d’eau à l’île. Il est effectivement très fréquent, surtout près des zones inondées, que la berge peut être trouée et comporte des pièges souvent cachés par la végétation. Un pied peut s’engouffrer dans un de ces trous et faire chuter la personne ou bien faire entrer de l’eau dans la botte du chasseur. Je dois vous faire part que c’est principalement pour cette raison que je garde le bas de mes pantalons toujours à l’extérieur de mes bottes et non à l’intérieur. De cette façon, vous évitez que l’eau pénètre rapidement à l’intérieur, vous avez souvent tout le temps nécessaire pour retirer votre pied de la fâcheuse position sans en subir les conséquences. Si le bas de vos pantalons est à l’intérieur de vos bottes, l’effet sera immédiat. Si cette mésaventure se passe en septembre, on peut très bien s’accommoder d’un pied mouillé mais en novembre, vous risquez de perdre une bonne partie de votre journée afin de retourner au camp pour changer vos vêtements. Le rôle d’un bâton de tir, et ce peu importe le modèle, peut maintenant vous aider à sonder le terrain devant vous afin de déceler ces pièges désagréables.
Vous voilà maintenant informé à propos de ces ouvertures qui vous mèneront vers de nouveaux endroits peu chassés sur votre territoire. Vous pourrez alors faire la rencontre de gibiers peu chassés par les groupes avant le vôtre. Cette possibilité est même une option très intéressante pour la période de fin septembre et octobre lorsqu’on doit atteindre les secteurs avec un potentiel intéressant. Il vous restera à gérer la sortie du gibier par la suite, mais là, il faudra y mettre aussi beaucoup d’effort mais combien satisfaisant d’avoir pu déjouer votre gibier.
Bonne exploration!
Deux bucks de 8 pointes récoltés par Mr. Yann Poulin, sur le territoire de Vauréal le 4 novembre 2024. Ces deux bucks ont été récoltés dans un secteur à l’écart des sentiers et accessible via un ruisseau secondaire qui serpentait vers des zones d’intérêt. Sur la photo de droite l’auteur pose sans dossard, mais il le portait évidemment au moment de la récolte de la bête. Lorsqu’il guide ou qu’il chasse l’auteur enlève toujours son manteau (et par ricochet son dossard) quand il est rendu à l’étape de l’éviscération de la bête pour éviter de le souiller.

